Le pardon
(Josué Matthieu)
Seigneur, quand je suis affamé,
Donne-moi quelqu'un qui ait besoin de nourriture.
Quand j'ai soif,
Envoie-moi quelqu'un qui ait besoin d'eau
Quand j'ai froid,
Envoie-moi quelqu'un à réchauffer.
Quand je suis blessé,
Donne-moi quelqu'un à consoler.
Quand ma croix devient lourde,
Donne-moi la croix d'un autre à partager.
Quand je suis pauvre,
Conduis-moi à quelqu'un dans le besoin.
Quand je n'ai pas de temps,
Donne-moi quelqu'un que je puisse aider un instant.
Quand je suis humilié,
Donne-moi quelqu'un dont j'aurai à faire l'éloge.
Quand je suis découragé,
Envoie-moi quelqu'un à encourager.
Quand j'ai besoin de la compréhension des autres,
Donne-moi quelqu'un qui ait besoin de la mienne.
Quand j'ai besoin qu'on prenne soin de moi,
Envoie-moi quelqu'un dont j'aurai à prendre soin.
Quand je ne pense qu'à moi,
Tourne mes pensées vers autrui
Pardonner : un acte libérateur
Tu ressens une colère dont tu ne peux pas te débarrasser, tu es stressé, énervé ? Est-ce que tu t'es déjà demandé si tu avais à pardonner quelqu'un ? Ou même à te faire pardonner ? C'est la réponse qu'avancent de nombreux sociologues et psychologues contemporains à nombre de nos maux.
Selon certains psychologues, il y aurait 2 fois moins de monde en hôpital psychiatrique si les gens se savaient pardonnés. Le pardon, celui qu'on donne et celui qu'on reçoit, est au cœur de la santé mentale de l'homme.
Au Canada, les protestants ont proposé que, lors d'un procès en justice, l'offenseur rencontre la victime et qu'il y ait un échange entre eux jusqu'au moment où ils pourraient en arriver au pardon. Voici un exemple : un chauffard avait tué le fils d'une femme; le pasteur a demandé au juge qu'avant la sentence soit organisée une rencontre entre le conducteur et cette dame endeuillée de son fils. La mère a accepté de voir le chauffard. Cela s'est fait de manière très graduelle, tout d'abord à travers des vidéo-cassettes et un jour, dans une même salle, cette mère de famille éplorée a rencontré le chauffard. Lorsque l'homme a compris la peine qu'il avait causée à cette femme, il a fondu en larmes. La mère a été prise de sympathie pour cet offenseur et elle a demandé qu'on réduise la sentence, ce qui a été accordé par le juge.
Imaginez ce qui arriverait si, dans notre système judiciaire, on arrivait à introduire le pardon. Punir seulement les personnes ne les guérit pas, ne les aide pas à se réhabiliter, ni ne les aide à revenir dans la société. Souvent les prisonniers à leur sortie du pénitencier sont ulcérés et prêts à récidiver.
Aux Etats-Unis, un groupe de chercheurs a découvert qu'une « éducation du pardon » pouvait aider des étudiants qui avaient manqué d'attention et d'amour de la part de leurs parents et qui en souffraient psychologiquement. La valeur de soi, l'espoir, augmentaient, alors que diminuait leur anxiété.
En Afrique du Sud, il y a eu une commission "Vérité et Réconciliation" devant laquelle environ 15.000 victimes se sont présentées devant leurs bourreaux pour parler des injustices et des tortures qu'elles avaient subies. Plus de 5.000 tortionnaires étaient présents. Ils ont admis leurs crimes et ont été amnistiés. C'est la première fois dans l'Histoire que le pardon a été établi à un niveau national. Il y a là quelque chose d'extraordinaire. C'était l'évêque Desmond Tutu qui était derrière cette initiative. Il est convaincu que si on ne se pardonne pas, on va se détruire mutuellement et c'en sera la fin de l'existence humaine.
Le pardon devrait être l'acte par excellence du chrétien, à cause de l'insistance avec laquelle le Christ en a parlé. Dans d'autres religions, on va parler de pardon, mais jamais avec un tel radicalisme. Lorsque Pierre a demandé à Jésus : "est-ce qu'on doit pardonner jusqu'à sept fois ?", Jésus ne dit pas sept fois mais soixante-dix fois sept fois (Evangile de Matthieu ch. 18 v. 21-22). Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait calculer 490 fois ? Non. Jésus n'avait pas en vue une comptabilité précise. Par ce chiffre symbolique, il voulait nous inviter à développer une attitude de pardon continuelle, qu'on en arrive à ce que ce soit notre première réaction devant une blessure, une offense qui nous a été faite.
Créé en vue d'édifier les chrétiens. J.M